Union libre : 5 choses essentielles à savoir sur les droits des concubins

par | Juil 2, 2026 | Famille, Notariat

Concubins : sans mariage ou PACS, vous n’avez aucun droit automatique sur les biens de votre partenaire. Découvrez comment protéger votre union libre grâce au notaire.

Introduction

En France, près de 4 millions de couples vivent ensemble sans être mariés. L’union libre séduit de plus en plus de couples, attirés par sa simplicité et sa liberté. Pourtant, derrière cette liberté se cache une réalité souvent méconnue : les concubins n’ont quasiment aucune protection juridique automatique l’un envers l’autre.

Pas d’héritage garanti. Pas de solidarité financière imposée. En cas de décès ou de séparation, chacun repart avec ce qui lui appartient et parfois bien moins que prévu.

Bonne nouvelle : il existe des solutions simples pour se protéger, accessibles dès aujourd’hui chez un notaire. Encore faut-il connaître les règles du jeu. Voici les 5 points essentiels à comprendre sur les droits des concubins en union libre.

1. Union libre : aucune protection automatique

Le mariage et le PACS créent des droits et des obligations entre les partenaires. L’union libre, elle, ne crée rien.

Juridiquement, deux concubins sont considérés comme des étrangers l’un pour l’autre. Aucune loi ne les oblige à se soutenir financièrement. Aucune loi ne leur garantit de droits sur les biens de l’autre. Aucune loi ne les protège en cas de coup dur.

Concrètement, cela signifie :

  • Pas d’obligation alimentaire si l’un des deux perd son emploi
  • Pas de droit automatique sur la pension de retraite du partenaire décédé
  • Pas de protection sur le logement si le bail ou l’acte de propriété n’est qu’à un seul nom

Thomas, 47 ans, vivait depuis 8 ans avec sa compagne lorsqu’elle a perdu son emploi. Il n’avait aucune obligation légale de la soutenir financièrement contrairement à ce qui se passe dans un couple marié.

L’union libre, c’est la liberté totale. Mais cette liberté a un prix : l’absence totale de filet de sécurité. Pour s’en créer un, il faut agir volontairement  et c’est précisément ce que peut vous aider à faire un notaire.

2. En cas de décès : votre partenaire n’hérite pas

C’est le point qui surprend le plus. En France, un concubin ne figure pas parmi les héritiers légaux. Si votre partenaire décède sans testament, vous n’avez droit à rien. Absolument rien.

Ce sont les héritiers légaux qui récupèrent tous, les enfants en premier, même si vous viviez ensemble depuis 20 ans.

Et si votre partenaire a pensé à rédiger un testament en votre faveur ? La situation reste difficile. Les concubins sont fiscalement traités comme des étrangers. Cela signifie que vous devrez payer 60 % de droits de succession (Lire l’article  : Frais de notaire lors d’une succession : le guide pour tout comprendre) sur ce que vous recevez, après un abattement de seulement 1 594 €.

Pour comparer : un époux marié hérite sans payer aucun droit de succession. Un enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 €.

L’écart est considérable. Et il peut représenter des dizaines, voire des centaines de milliers d’euros selon la valeur du patrimoine transmis.

3. Le logement commun : un danger méconnu

C’est souvent le bien le plus précieux du couple et le plus exposé en union libre.

Si vous êtes locataire, tout dépend du bail. Si un seul nom figure sur le contrat, l’autre n’a aucun droit sur le logement en cas de décès ou de séparation. Le propriétaire peut exiger son départ. Même après des années passées dans cet appartement.

Si vous êtes propriétaires ensemble, le bien est en indivision;  c’est-à-dire que chacun possède une quote-part. En théorie, cela semble protecteur. En pratique, cela peut devenir un cauchemar. N’importe lequel des deux peut demander la vente du bien à tout moment. Et en cas de décès, la part du défunt revient à ses héritiers légaux, pas à vous.

Résultat : vous pourriez vous retrouver en indivision forcée avec les enfants ou les parents de votre partenaire décédé, sans avoir votre mot à dire sur l’avenir du logement.

4. Les enfants protègent-ils le concubin survivant ?

C’est une idée reçue très courante. Beaucoup de couples en union libre pensent que leurs enfants communs suffiront à protéger le parent survivant. Ce n’est pas le cas.

La loi est claire : en union libre, le concubin n’est pas un héritier. Peu importe que vous ayez des enfants ensemble ou non, cela ne change absolument rien à votre situation. Au décès de votre partenaire, ce sont les enfants qui héritent directement, pas vous. 

Concrètement : si votre partenaire décède, vos enfants communs récupèrent l’intégralité de sa part du patrimoine. Vous n’avez aucun droit dessus, ni sur le logement, ni sur les comptes bancaires, ni sur les placements.

Dans certains cas, cela peut même créer des tensions. Des enfants majeurs qui souhaitent récupérer rapidement leur part d’héritage peuvent forcer la vente du logement familial, même si vous y vivez encore.

Avoir des enfants ensemble ne remplace pas une protection juridique construite avec un notaire. 

5. Les outils pour se protéger : testament, donation, PACS

La bonne nouvelle est qu’il existe plusieurs solutions concrètes pour pallier les failles de l’union libre. Un notaire peut vous aider à choisir celle qui correspond à votre situation.

La convention d’indivision est un contrat rédigé chez le notaire qui fixe les règles de gestion d’un bien immobilier acheté en commun. (Lire l’article : Acheter un bien en indivision : est-ce une bonne idée ?). Elle permet notamment d’insérer une clause de rachat prioritaire : au décès de l’un des concubins, le survivant peut racheter en priorité la part du défunt, évitant ainsi de se retrouver en indivision forcée avec les héritiers. C’est une protection concrète et souple, adaptée aux couples propriétaires.

Le PACS est souvent la solution la plus efficace. Il ne crée pas autant de droits que le mariage, mais il change radicalement la fiscalité successorale : les partenaires pacsés sont totalement exonérés de droits de succession. C’est un avantage considérable, pour une démarche simple et rapide chez le notaire.

Le mariage enfin, reste la protection la plus complète. Il ouvre des droits automatiques sur l’héritage, la retraite de réversion, et le logement.

Conclusion

Les droits des concubins en union libre sont limités mais la situation n’est pas une fatalité. Testament, convention d’indivision, PACS : des solutions existent pour chaque situation, à condition d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

Certains couples font d’ailleurs le choix de franchir le pas du mariage pour bénéficier d’une protection complète. Si c’est votre cas, une question se posera rapidement : quel régime matrimonial choisir ? Découvrez nos conseils pour faire le bon choix (Lire l’article : Nos conseils pour bien choisir votre régime matrimonial).

Avant de faire évoluer votre situation, consultez un notaire. Il saura vous guider vers la protection la plus adaptée à votre couple et à votre patrimoine.

Synergie Notaire met à votre disposition des experts répartis dans toute la France, prêts à vous accompagner dans toutes vos démarches.

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