Peut-on changer de régime matrimonial en cours de mariage ?

par | Avr 17, 2026 | Famille, Notariat

Changer de régime matrimonial : une démarche encadrée et sécurisée. Découvrez les règles, les avantages et le rôle du notaire.

Introduction

Lorsqu’on se marie, on pense rarement aux conséquences juridiques à long terme. Beaucoup de couples se marient sans signer de contrat, c’est alors le régime légal qui s’applique. Pourtant, avec le temps, la vie évolue : changement professionnel, création d’entreprise, achat immobilier, arrivée d’enfants ou recomposition familiale. Dans ces situations, changer de régime matrimonial devient une question naturelle.

La bonne nouvelle, c’est que changer de régime matrimonial après le mariage est possible et encadré par la loi. Cette démarche permet d’adapter les règles du couple à sa situation actuelle, afin de mieux protéger le conjoint et le patrimoine. L’objectif n’est pas de compliquer la vie du couple, mais au contraire de la sécuriser.

1. Les régimes matrimoniaux : l’essentiel à connaître avant de changer de régime matrimonial

Avant de changer de régime matrimonial, il est important de comprendre les grands principes des régimes existants, sans entrer dans des explications techniques.

La communauté réduite aux acquêts (régime légal)

La communauté réduite aux acquêts est le régime qui s’applique automatiquement lorsqu’aucun contrat de mariage n’est signé. Les biens possédés avant le mariage restent personnels, tandis que les revenus et les biens acquis pendant le mariage sont communs. Changer de régime matrimonial peut être envisagé lorsque ce fonctionnement n’est plus adapté à la situation du couple.

La séparation de biens

Dans le régime de la séparation de biens, chaque époux reste propriétaire de ce qu’il achète et de ce qu’il gagne. Changer de régime matrimonial pour une séparation de biens permet de distinguer clairement les patrimoines, tout en continuant à participer ensemble aux dépenses de la vie quotidienne. Ce régime est souvent choisi pour protéger le conjoint face à certains risques financiers.

La participation aux acquêts

La participation aux acquêts fonctionne comme une séparation de biens pendant le mariage. À la fin du régime, on compare l’enrichissement de chacun et une compensation financière est versée grâce à la créance de participation. Changer de régime matrimonial pour ce régime permet de concilier indépendance et équité entre les époux.

La communauté universelle

La communauté universelle prévoit que tous les biens sont communs, qu’ils aient été acquis avant ou après le mariage. Changer de régime matrimonial pour une communauté universelle est souvent motivé par la volonté de protéger fortement le conjoint survivant. 

Pour plus d’informations, consultez l’article “comment bien choisir son régime matrimoniale”

  1. Pourquoi changer de régime matrimonial selon sa situation ?

Les raisons de changer de régime matrimonial sont toujours liées à des situations très concrètes de la vie du couple.

Changement professionnel et protection du patrimoine

Lorsqu’un époux crée une entreprise ou devient indépendant, changer de régime matrimonial peut être une mesure de protection essentielle. Choisir le régime de la séparation de biens permet d’éviter que les difficultés professionnelles de l’un n’impactent le patrimoine de l’autre. Ce choix est souvent fait pour sécuriser la famille et préserver l’équilibre du couple.

À l’inverse, lorsque le chef d’entreprise marié sous le régime de la séparation de biens part à la retraite, le choix d’un régime communautaire ou d’une société d’acquêts permet au conjoint, qui ne détenait pas l’entreprise, de profiter des revenus générés par celle-ci.

Mieux protéger son conjoint

Avec le temps et l’augmentation du patrimoine, certains couples souhaitent renforcer la protection du conjoint survivant. Changer de régime matrimonial pour adopter la communauté universelle permet que l’ensemble des biens appartiennent au conjoint, sans partage immédiat. En présence d’enfants, cette solution ne pose généralement pas de problème s’ils sont communs.

En revanche, en présence d’enfants issus d’une précédente union, choisir le régime de la communauté universelle doit être envisagé avec prudence. Les enfants sont héritiers réservataires et conservent des droits que l’on ne peut pas supprimer.

Départ à l’étranger

Les couples mariés sans contrat depuis le 1er septembre 1992 peuvent être soumis, sans toujours le savoir, au régime matrimonial du pays où ils s’installent pour une durée de dix ans. En cas de projet d’expatriation, il est essentiel de rédiger une déclaration de loi applicable pour choisir à l’avance la loi et le régime matrimonial applicables au couple.

3. Comment changer de régime matrimonial après le mariage ?

Une fois que les époux ont clairement identifié les raisons qui les amènent à faire évoluer leur régime matrimonial, ils doivent impérativement se tourner vers leur notaire. En tant qu’officier public, le notaire est le seul professionnel habilité à établir ou modifier un contrat de mariage.

Il prépare alors un acte authentique, informe personnellement les enfants majeurs par lettre recommandée avec accusé de réception et procède à la publication d’un avis dans un journal d’annonces légales. À compter de ces formalités, les enfants majeurs et les créanciers disposent d’un délai de trois mois pour s’opposer au projet de changement de régime matrimonial.

L’intervention du juge aux affaires familiales n’est prévue que dans certaines situations précises lorsqu’une opposition est formée par un enfant majeur ou un créancier, ou de manière systématique en présence d’enfants mineurs. Dans ce cas, les époux doivent être assistés d’un avocat afin de saisir le juge, qui vérifiera que le projet présente bien un intérêt pour la famille et pourra en prononcer l’homologation.

Entre les époux, le nouveau régime matrimonial s’applique dès la signature de l’acte notarié. Toutefois, lorsqu’une homologation judiciaire est requise, le changement ne produit effet qu’à compter de la décision du juge.

Enfin, il convient de préciser que vis-à-vis des tiers, le changement de régime matrimonial ne devient opposable qu’à l’expiration d’un délai de trois mois suivant la mention portée en marge de l’acte de mariage.

 

4. Combien coûte un changement de régime matrimonial ?

Le coût pour changer de régime matrimonial dépend de plusieurs éléments :

  • la nature du changement (simple clause ou changement total), 
  • la nécessité de liquider l’ancien régime, 
  • la valeur et la composition du patrimoine. 

Par exemple, un changement de régime matrimonial peut impliquer une liquidation, ce qui augmente le coût. Si une homologation judiciaire est nécessaire, des frais d’avocat doivent également être prévus, leur présence étant obligatoire devant le tribunal judiciaire.

Conclusion

Changer de régime matrimonial après le mariage est une démarche normale, réfléchie et souvent très bénéfique. Elle permet d’adapter les règles du couple à l’évolution de la vie, qu’il s’agisse de protéger le conjoint ou de sécuriser le patrimoine. Changer de régime matrimonial, ce n’est pas remettre en cause son mariage, c’est au contraire le consolider.

Pour faire les bons choix et comprendre les conséquences concrètes de cette décision, l’accompagnement d’un notaire est essentiel.

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